Aujourd’hui on va parler de vampires.

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Mais pas celui-là (Désolée Gary).

Plutôt celui-là tiens :

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Malheureusement tous les vampires ne sont pas de beaux bruns ténébreux… (image de Wikipedia)

Les chauves souris vampires regroupent les trois seules espèces de mammifères hématophages (qui se nourrissent exclusivement de sang). Ces animaux nocturnes, que l’on trouve en Amérique Centrale et Latine (du Mexique au nord de l’Argentine) boivent principalement le sang de gros mammifères, comme le bétail ou les chevaux, et peuvent également attaquer des cibles de taille plus modeste, telles que des chèvres, cochons ou moutons, voire même des oiseaux, et beaucoup plus rarement des humains. Comme ses congénères chauve souris, le vampire se repère par écholocation, mais il est aussi doté d’un capteur infra-rouge dans le nez, qui va lui permettre d’identifier les zones les plus chaudes  de leurs proies, là où les vaisseaux sanguins passent le plus près de le surface de la peau. Une fois posé sur sa cible, le vampire va percer la peau de l’animal à l’aide de ses incisives et laper le sang qui s’écoule de la blessure. Le repas dure une vingtaine de minutes durant lesquelles le vampire va prélever environ 20g de sang, ce qui correspond à la moitié de son poids.

La blessure infligée par le vampire est indolore, et la salive de la chauve souris contient tout un cocktail de molécules qui vont empêcher le sang de sa proie de coaguler. Le processus de coagulation met en jeu une succession de réactions chimiques où sont impliquées plus d’une quinzaine de protéines. Et dans la salive du vampire, on va trouver d’autres protéines qui vont interférer afin de ralentir ce processus :

  • La DSPA (Desmodus Salivary Plasminogen Activator, dite aussi desmoteplase), est un activateur de plasminogène. C’est à dire qu’elle est responsable de la conversion du plasminogène en plasmine, une protéine qui va détruire les caillots de fibrine formés lors de la coagulation (inversement, un déficit en plasmine dans l’organisme peut induire des pathologies de type thrombose).
  • La Draculine, est quant à elle une glycoprotéine, ce qui signifie que les chaînes latérales de certains de ses acides aminés (le plus souvent des asparagines, tryptophanes, sérines our thréonines) ont été modifiées et portent désormais des groupements oligosides (des chaînes de sucre quoi). Son rôle est d’inhiber les facteurs d’activation IX et X, deux autres protéines associées à la coagulation (et dont l’absence dans l’organisme peut cette fois être à l’origine de problèmes d’hémophilie).

Si ce descriptif vous donne des sueurs froides, il n’en fait pas moins la joie des chercheur·se·s. Car ces deux anticoagulants sont extrêmement actifs, et pourraient être exploités dans le cadre de traitements pour des personnes ayant subi une attaque cardiaque, une pathologie qui est justement induite par l’occlusion d’une artère suite à la formation d’un caillot de sang.

Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences. De nos deux vampires, c’est le plus moche qui pourra éventuellement faire le bien de l’humanité !

draculine
Chaque année, pour Halloween, DSPA et Draculine sèment la terreur dans le voisinage (et récoltent plein de bonbons au passage)